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Archives - 1999
Discours de Monsieur Jiang Zemin
Président de la République populaire de
Chine
Berne, Palais fédéral, 25 mars
(texte intégral)
La première partie du texte est la transcription
de la traduction donnée par l'interprète
de M. Jiang Zemin. La dernière partie a été
entièrement retraduite par nos soins à
partir du discours en chinois. En effet, certainement
pris par l'émotion, l'interprète n'a pu
restituer avec exactitude les propos tenus, - ce qui
est bien pardonnable au vu de circonstances pour le
moins exceptionnelles.
Madame la Présidente, Messieurs les Conseillers
fédéraux, Mesdames et Messieurs,
A l'invitation de Mme Ruth Dreifuss, je suis venu
aujourd'hui en visite d'Etat dans votre pays.
Je tiens à saisir cette occasion pour exprimer
au nom du gouvernement et du peuple chinois mes meilleurs
vux au peuple suisse.
Les cloches du 21e siècle vont sonner. La paix
et le développement sont d'ores et déjà
devenus le courant principal de notre époque.
Les facteurs militant pour la préservation de
la paix continuent de s'accroître, mais notre
monde n'est toujours pas tranquille. La paix dans
le monde continue d'être menacée,
les écarts entre les pays pauvres et les pays
riches se creusent encore. Les peuples du monde appellent
de leurs vux un nouveau siècle prometteur
et une planète de paix, de tranquillité
et de prospérité pour l'humanité.
Cette haute mission historique est maintenant dévolue
aux peuples et aux hommes politiques des divers pays
du monde.
Hier, une intervention militaire a été
engagée au Kosovo. J'appelle, une fois de
plus, l'arrêt immédiat des frappes
aériennes et l'attachement à la recherche
d'une solution politique au problème du
Kosovo à travers des négociations de paix.
Sans cela, le problème du Kosovo ne peut qu'être
plus compliqué et la situation dans les Balkans
plus troublée. J'estime depuis toujours
que les hommes politiques des divers pays doivent suivre
le courant de l'époque et uvrer à
la sauvegarde de la paix, afin de ne pas tromper l'attente
des peuples du monde.
Depuis le lancement de la politique de réforme
et d'ouverture sur l'extérieur, il
y a vingt ans, la Chine a vu son économie se
développer rapidement, sa puissance nationale
se renforcer considérablement et le niveau de
vie de son peuple s'élever sans cesse. Le
peuple chinois s'est déjà engagé
dans une grande voie : celle de construire le socialisme
aux couleurs chinoises. La Chine demeure un pays en
développement. Si elle veut réaliser la
prospérité du pays et le renouveau de
la nation, il lui faut poursuivre la voie des réformes,
de l'ouverture et de la modernisation lancée
par M. Deng Xiaoping. Le développement et la
stabilité de la Chine profitent non seulement
au peuple chinois, mais apporte également une
contribution de poids à la paix, au développement
et à la stabilité dans le monde.
La Chine et la Suisse, grâce à leurs longs
efforts communs, ont jeté de bonnes assises pour
la coopération bilatérale sur tous les
plans, et des résultats réjouissants ont
été enregistrés. Les deux parties
doivent y apporter une grande attention, parce qu'il
s'agit là, de succès et de résultats
chèrement acquis. Cette coopération renferme
encore de grandes potentialités. Il nous faut
renforcer davantage la compréhension et la confiance
mutuelles, afin d'intensifier cette coopération
basée sur le respect mutuel, l'égalité
et les avantages réciproques. J'attends
d'échanger des points de vue avec Mme Ruth
Dreifuss, ainsi qu'avec les autres conseillers
fédéraux sur les relations bilatérales
et les questions internationales d'intérêt
commun, et de rencontrer des personnalités suisses
de divers milieux.
A partir de ce point, il s'agit de notre traduction
Veuillez m'excuser, je vais quitter mon texte
pour dire quelques mots.
A propos de la Suisse, tous les Chinois pensent que
c'est un pays pacifique et neutre. Aujourd'hui,
tout au long du voyage en train, j'ai parlé
avec Madame la Présidente dans une atmosphère
parfaitement paisible et amicale.
Le philosophe Confucius a dit : un ami qui vient de
loin vous rendre visite, n'est-ce pas un plaisir
? Cela fait plus de dix ans que je remplis la fonction
de président de la République. Durant
cette décennie, j'ai visité plusieurs
dizaines de pays. Partout, j'ai été
accueilli avec solennité et une exquise politesse.
En voyant ce qui s'est passé aujourd'hui,
j'ai bien sûr écouté vos explications :
on m'a dit qu'ici on tient aux principes démocratiques.
Je n'ai aucune intention de m'immiscer dans
vos affaires intérieures.
Parmi les membres de la délégation, il
y a également le vice-premier ministre Qian Qichen ;
au début des années quarante, nous avons
participé à la Révolution, à
la guerre contre les fascistes. Sous la menace armée
des réactionnaires du Guomindang, nous étions
les deux à Shanghai, où rue de Nankin,
rue Huaihai, sur le Bund, nous avons crié :
We want democracy, we want liberty ! Au vu de cela,
on doit dire que nous sommes au moins des combattants
de la démocratie.
Vous êtes un pays souverain. N'avez-vous
pas cette capacité de le gérer ? Dans
le cadre de l'accueil que vous me réservez,
il faut une ambiance pacifique. C'est la politesse
élémentaire que l'on accorde à
n'importe quel visiteur d'un pays étranger.
Vous m'avez offert tout à l'heure une
boîte à musique d'une remarquable
finesse, et je sais depuis toujours que la mécanique
suisse est particulièrement raffinée.
Face à une situation gérée de manière
aussi grossière, j'exprime mes plus profonds
regrets.
Je vous présente encore une fois, Madame la
Présidente, mes excuses pour ces paroles que
je n'aurais pas souhaité prononcer dans
ce genre de circonstances, mais j'ai encore en
mémoire la conversation que j'ai eue avec
vous à la gare, sincère et franche. Et
si aujourd'hui je ne vous exprimais pas le fond
de ma pensée, à vous et aux amis de la
presse, cela non plus ne serait pas démocratique.
Madame la Présidente, je pense qu'il est
possible que vous ayez gagné quelque chose par
le spectacle d'aujourd'hui ; dans votre
pays, il y a certaines personnes qui veulent crier des
slogans, peut-être jugent-ils que vous avez bien
agi et que vous êtes une brave, mais vous avez
perdu un ami chinois. En me basant sur ma qualification
technique d'ingénieur, mon point de vue
est que ceci n'est pas rentable. Madame la Présidente,
I am sorry to say that. Merci beaucoup.
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