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Franz STADLIN

Franz STADLIN 2017-11-30T18:08:03+00:00

Figures
Franz STADLIN 林济各,字雨苍 (1658-1740):
le premier horloger suisse en Chine

Texte de George-Marie Schmutz.
Av. Cécil 1, 1007 Lausanne

Dans le Dictionnaire historique de la Suisse (http://www.dhs.ch/), nous apprenons par Urban Fink que Franz Stadlin, frère jésuite et maître horloger (1658-1740) a travaillé 33 ans en Chine, qu’il y a été au service de l’empereur et qu’à sa mort, comme les plus célèbres des jésuites de Chine, il a eu droit à une tombe officielle. Celle-ci se trouve dans le cimetière Zhalan de Pékin, nouvellement restauré.


Photo Georges-Marie Schmutz, 2001

Photo de la tombe de Franz Stadlin, Beijing, octobre 2001

« L’empereur Qianlong voulut honorer ses funérailles par un don de 200 onces d’argent, et de 10 pièces de soie » (Pfister Louis SJ,Notices biographiques et bibliographiques sur les Jésuites de l’ancienne Mission de Chine 1552 – 1773, Shanghai, 1932-1934, p. 620).

Traduction de la stèle

Description du cimetière de Zhalan
tel qu’on peut le visiter actuellement

Le cimetière se trouve dans le jardin du Collège administratif de Pékin, 6 rue Chegongzhuang Jie (au sud du zoo et du Palais des expositions)

Site du Collège administratif de Pékin :
http://www.datatrans.com.cn/jph/MDCD/ebjswdx.htm

Page sur le cimetière de Zhalan, dans le Collège administratif de Pékin :
http://www.datatrans.com.cn/jph/MDCD/main.htm
Adresse utile: Tél. +86 10 680 07 011
E-mail : Imdmr@yahoo.com

Ce que l’on appelait autrefois le « cimetière des Français » (des jésuites de la Mission française de Pékin) vient d’être replacé dans les jardins du Temple WUTASI (juste derrière le zoo) pour former le tout nouveau Musée des Pierres Sculptées de Pékin (pas encore ouvert au public).

Sur ces cimetières des jésuites à Pékin, voir le beau livre de Malatesta Edward J. SJ et Gao Zhiyu (eds),

Departed, yet Present. Zhalan. The Oldest Christian Cemetry in Beijing

Macau : Instituo Cultural de Macau ; Ricci Institute, University of San Francisco, 1995, ISBN 972 35 0213 5.

Pour des informations sur Franz Stadlin, voir les références suivantes:

Weiss Franz, Ein Zuger als Missionär in China und kaiserlicher Hofuhrmacher zu Peking, Zuger Neujahrsblatt, édité par la société d’intérêt du canton de Zug pour l’année 1915, pp. 49-52.

L’article du père Franz Weiss semble être l’un des articles les plus complets sur Stadlin. Il utilise les sources paroissiales de Zug puis les archives jésuites qui contiennent des lettres datées 1739 et 1740 du père Augustin von Hallerstein. Celle de 1740 reproduit une notice funéraire par le père Ignatius Kögler qui fut pendant 20 ans le compagnon de Stadlin à Pékin. Je présume que ces lettres sont à l’origine en latin et qu’elle ont été traduites en allemand pour cet article. La plupart des informations que l’on trouve ailleurs proviennent de cet article.

Notice 280, pp. 619-620 in Pfister Louis SJ, Notices biographiques et bibliographiques sur les Jésuites de l’ancienne Mission de Chine 1552 – 1773, Shanghai, 1932-1934, 2 vols.

Le frère jésuite Franz Stadlin est né à Zug en juillet 1658, décédé à Pékin le 14 avril 1740. « Lorsque le père Kastner revint en Europe chercher des ouvriers pour la Chine (en 1702), il parla de la nécessité d’avoir à la Cour des Frères intelligents et habiles dans les arts mécaniques. Le Fr. Stadlin s’offrit et obtint la Mission de Chine ». A ce moment, Stadlin avait étudié l’horlogerie en Suisse et dans les grandes villes d’Europe centrale pendant plus de 18 ans. Arrivé à Pékin fin 1707, « son génie industrieux lui fit créer et composer une foule d’objets et de machines curieuses, ce qui lui valut les bonnes grâces de l’empereur et de sa Cour. »

Notice dans Strobel Ferdinand SJ, Schweizer Jesuitenlexikon, Zurich :
Schweizer Provinz SJ, 1986, p. 534

Après le noviciat, il fut « director horlogii » 1689-1700 à Breslau (Wroclaw en Pologne actuelle), puis encore à Brünn (Brno en Tchécoslovaquie actuelle), Liegnitz (Legnica en Pologne actuelle), Leitmeritz(?) et Neisse (?).

Vogler W., Grabstein fuer einen Zuger in Peking. Br. Franz Ludwig Stadlin SJ, 1658-1740, Zuger Neujahrsblatt, 1999, pp. 108-109.

Cet article d’une page A3 propose entre autre un décalque de la stèle funéraire de Stadlin à Pékin, sa transcription et une traduction en allemand (voir Traduction de la stèle)

Autres références

Platzweg Carl, Lebensbilder, Paderborn, 1882, pp. 212-219.
Hallerstein, Elogium, Welt-Bott, Augsbourg et Vienne, 1728-1761, Pars XXX, 95.
Harcourt-Smith, Simon, A Catalogue of Various Clocks, Watches,

Un antiquaire allemand propose cet ouvrage:

http://www.zvab.com/SESS211618314816401102281100017/gr2/de///index.html

HARCOURT-SMITH, Simon. A cataloge of various clocks, watches, automata, and other miscellaneous objects of european workmanship dating from the XVIIIth and the early XIXth centuries, in the Palace Museum and the Wu Ying Tien, Peiping. Peiping :The Palace Museum, 1933. 4°. 32 S. Mit 36 Tafeln. Obrosch. DEM 280.00 Einband ausgeblichen u. gering fleckig, Rücken teilw. abgeplatzt.
Anbieter: Antiquariat Torsten Skubski, [D-28203 Bremen].

Automats.in the Palace Museum and the Wu-ying-tien, Pékin, 1933.
Sigerist, Stefan, Schweizer in Asien: Präsenz der Schweiz bis 1914, Schaffhausen: Stefan Sigerist, 2001, 328 p.

Chercheurs et organisations concernés
par l’horlogerie suisse en Chine

(section en construction)

Journaux et magazines

Montres Passion (semestriel)
Rédacteur en chef: Jean-Philippe ARM
Numéros spéciaux liés à l’Hebdo
La dernière édition sortie, novembre 2001, porte le No 17.
Prochaine édition le 15 mars 2002.

Page sur les débuts de l’horlogerie chinoise,
sur les premiers horlogers suisses en Chine

Merci de m’envoyer tout renseignement que vous auriez concernant Franz Stadlin ou l’introduction de l’horlogerie en Chine. Nous allons en faire ici une banque de données commune.

Horloge armillaire à eau de Kaifeng, 1092
envoi de Olivier Grandjean, 40 Sunset Heights, 597 421 Singapore
olivier.grandjean@swissisland.ch

Sigerist, Stefan, Schweizer in Asien: Präsenz der Schweiz bis 1914, Schaffhausen: Stefan Sigerist, 2001, 328 p.


Traduction de la stèle

Décalque de la stèle

Repris de Vogler Werner, « Grabstein fuer einen Zuger in Peking.
Br. Franz Ludwig Stadlin SJ, 1658-1740 »,
Zuger Neujahrsblatt 1999, Gemeinnützigen Gesellschaft des Kantons Zug, 1999, p.109.

Au milieu de la stèle, en grands caractères chinois, il est écrit mot à mot

SOCIETE DE JESUS (3 caractères) LIN MONSIEUR SON TOMBEAU (jie1 su1 hui4 Lin2 gong1 zhi1 mu4)

Transcription de la partie en latin :

D(eo) O(ptimo) M(aximo). F(rater) Franciscus Stadlin Helvetius Tugiensis Vixit in Societate LIII Annos Et Ex His Pekini Exegit XXXIII. Habilis Atque Indefessus In Arte Automataria. Obiit In Domino XlVApril(is) A(nni) C(hristi) MDCCXL Aetatis Suae LXXXII. 

En français : 

A Dieu très grand et très puissant. Frère François Stadlin de Zug en Suisse. Vécu 53 ans dans la Société, dont 33 à Pékin. Habile autant qu’infatigable dans l’art des automates. Décédé dans le Seigneur le 14 avril 1740, à l’âge de 82.

En allemand :

Gott dem Besten und Grössten. Bruder Franz Stadlin aus Zug in der Schweiz. Er lebte 53 Jahre in der Gesellschaft Jesu. Davon verbrachte er 33 in Peking. Er war geschickt und unermüdlich in der Kunst der Automatik (d.h. als Uhrmacher). Er starb im Herrn am 14. April im Jahre nach Christi 1740 im Alter von 82 Jahren.

Traduction en allemand de la partie chinoise :

Meister Lin wurde lige (Franziskus) genannt und hatte den Übernamen Yukan. Er war gebürtig aus deutschen Landen, aus der Schweiz, am grossen westlichen Ozean. Er schloss sich im Alter von 29 den Mitgliedern der Gesellschaft Jesu an, um die heilige Lehre zu verbreiten. Im 46. Jahr der Herrschaft von Kaiser Kangshi (1707) kam er nach China und zog in die Hauptstadt (Peking), um am kaiserlichen Palast zu dienen. Er starb am 18. Tag des 3. Monats des 5. Jahres der Quianjong-Herrschaft (14. April 1740). Aus der kaiserlichen Schatzkammer wurden für das Begräbnis 200 Unzen Silber und 10 grosse Ballen Seide gespendet. Er erreichte das Alter von 82 Jahren. 53 davon war er in der Gesellschaft Jesu.

Les textes en allemand se trouvent dans Vogler Werner, Grabstein fuer einen Zuger in Peking. Br. Franz Ludwig Stadlin SJ, 1658-1740″, Zuger Neujahrsblatt 1999, Gemeinnützigen Gesellschaft des Kantons Zug, 1999, p.108-9.

Traductions en anglais dans le livre de Edward Malatesta et Gao Zhiyu.