|
Relations économiques et
commerciales Suisse-Chine: dimensions bilatérales
et multilatérales
Discours de Monsieur Pascal Couchepin, Conseiller
fédéral
à l'occasion de l'Assemblée générale
annuelle de la Chambre de Commerce Suisse-Chine
Zurich, le 4 avril 2000
Grâce à l'obligeance du
Secrétariat d'Etat à l'économie
(seco), le présent texte tient compte de
certains des ajouts faits oralement par le conseiller
fédéral Pascal Couchepin lors de son intervention.
Ces passages sont signalés en italique
gras.
SinOptic remercie le seco de l'avoir autorisé
à publier ce document.
Monsieur le Président de la Chambre de Commerce
Suisse-Chine,
Monsieur le Consul général de Chine,
Mesdames, Messieurs,
J'aimerais vous dire tout le plaisir de me retrouver
aujourd'hui devant la Chambre de Commerce Suisse-Chine.
C'est pour moi une nouvelle occasion de jeter un pont
entre la Suisse et la Chine.
Permettez-moi de féliciter la Chambre de commerce
Suisse-Chine pour ses vingt ans d'existence. L'importance
qu'a gagnée la Chambre ces dernières années,
tant en Suisse qu'en Chine, dit bien son succès.
"L'avenir a un long passé" dit un
proverbe chinois.
Il y a cinquante ans, la Suisse était parmi
les premières nations à reconnaître
la jeune République Populaire de Chine et l'un
des seuls Etats occidentaux - avec le Danemark,
la Suède et la Finlande - à établir
avec elle des relations diplomatiques.
Dans un discours commémoratif, l'ancien Ministre
des affaires étrangères Pierre Graber
disait que "le mérite du Conseiller fédéral
Max Petitpierre est d'avoir conduit le Conseil fédéral
à oser s'écarter de l'habitude de lenteur
et du comportement précautionneux qui était
jusqu'alors diplomatiquement la règle".
Courageuse et audacieuse, cette attitude était
surtout visionnaire; elle vaut aujourd'hui encore à
la Suisse des marques de reconnaissance et d'amitié
de ses partenaires chinois. La fréquence des
rencontres entre hauts dirigeants chinois et suisses
témoigne de la qualité de nos liens.
Rien que pour ces dernières années,
l'inventaire est significatif; il montre bien l'attention
que la Chine voue à la Suisse et réciproquement:
- (1992) visite en Suisse du Premier Ministre
Li Peng + 1ère visite en Chine en
délégation officielle économique
mixte conduite par le CF Delamuraz
- (1995) venue à Berne de M. Zhu Rongji,
alors Vice-Premier ministre; puis de Mme Wu Yi (alors
Ministre du MOFTEC); ouverture officielle du Consulat
général de Suisse à Shanghai
et nouvelle délégation économique
mixte>
- (1996) visite à Berne de M. Li Ruihuan
(membre du Politburo) + délégation présidentielle
en Chine de M. J.-P. Delamuraz (constituant la première
visite outremer d'un Président de la Confédération)
- (1997) venue à Berne de M. Chen Jinhua
(Président de la Commission d'Etat au Plan),
puis du Vice-Premier Ministre Zou Jiahua et du Ministre
du Travail
- (1998) visite à Berne du Vice-Premier
Ministre Li Lanqing (+ visite en Chine du CF Ogi)
- (1999) Première visite d'un Président
chinois avec la venue en Suisse de M. Jiang Zemin
+ délégation économique mixte
en Chine, sous ma conduite
- (2000) Séjour du Vice-Premier Ministre
Wu Bangguo que j'ai rencontré d'abord à
Davos, puis à Berne où il fut mon hôte.
Malgré l'éloignement géographique,
malgré les différences culturelles, nos
deux pays ont su trouver une convergence d'intérêts
et une heureuse complémentarité. Au fil
des années se sont instaurés des liens
forts, reflets de la persévérance, de
la patience, du pragmatisme et du respect mutuel.
Les liens économiques ont été
l'élément moteur de nos relations. En
1974, les deux pays signaient l'accord de commerce contenant
l'octroi mutuel de la clause de la nation la plus favorisée.
C'était aussi le lancement de la SITEX (Swiss
Industrial Technology Exhibition), première exposition
de biens suisses mise sur pied par l'OSEC à Beijing
et inaugurée lors de la première visite
d'un Conseiller fédéral en République
Populaire de Chine.
La politique chinoise d'ouverture et les réformes
économiques de Deng Xiaoping ont permis de conclure
d'autres accords: accord contre la double imposition,
accord de protection et de promotion réciproque
des investissements et plusieurs accords de coopération
sectoriels. Chacun a contribué à établir
un environnement juridique qui favorise les relations
intergouvernementales et celles du secteur privé.
Cela alors que la Chine était en marge des conventions
multilatérales et ne disposait que d'une législation
embryonnaire. Aujourd'hui, ce réseau d'accords
assure un cadre institutionnel moderne et adapté
aux besoins des deux pays.
A cet égard, l'établissement en 1975
de liaisons aériennes directes entre la Suisse
et la Chine a incontestablement conforté de manière
fort heureuse la dynamique de nos relations économiques.
Celle-ci s'est traduite entre autres par des échanges
commerciaux qui sont passés de 167 millions de
francs en 1951 à 2,8 milliards de francs en 1999
avec bien entendu une très forte progression
au cours de ces 20 dernières années. C'est
un indice de l'efficacité du travail mené
par la Chambre sino-suisse. En incluant Hongkong, la
République Populaire de Chine est notre deuxième
partenaire commercial en Asie. L'importance économique
de la Chine est plus flagrante encore si l'on considère
le flux d'investissements des entreprises suisses, estimé
à 3,5 milliards de francs.
Nos relations économiques peuvent donc
être qualifiées d'excellentes. Et comme
je l'ai constaté durant mon récent séjour
en Chine, la météo entre Berne et Beijing
est bonne : ainsi que me le disait le Premier Ministre
Zhu Rongji, il peut arriver que la pluie tombe un jour
ou l'autre sur les relations de la Chine avec certains
pays. Mais ce ne sont que quelques gouttes avec la Suisse,
tandis que c'est parfois une pluie diluvienne avec d'autres !
A quoi j'ai répondu que la politique avait ceci
de merveilleux qu'elle pouvait faire la pluie et le
beau temps.
La participation de la Chine à l'OMC devrait
apporter une solution à deux problèmes
qui sont aussi nos préoccupations: la garantie
d'un libre accès au marché - y compris
pour les services - et la protection de la propriété
intellectuelle.
Ce thème a été abordé lors
de la rencontre que j'ai eue en janvier avec le Vice-Premier
Ministre Wu Bangguo.
Cela m'amène naturellement pour la deuxième
partie de mon propos à l'enjeu de l'accession
de la Chine à l'OMC . Et comme c'est
un sujet très sérieux, il est naturel
que je le poursuive en allemand.
[Der Beitritt Chinas zur WTO]
Sehr geehrte Damen und Herren
Die Verhandlungen Chinas über den Beitritt zum
GATT bzw. zur WTO haben eine lange Vorgeschichte. China
unterbreitete 1986 ein Beitrittsbegehren. Seit März
1987 ist nun eine Arbeitsgruppe des GATT bzw. der WTO
mit dem Beitritt Chinas beschäftigt.
Wo stehen wir heute, 13 Jahre später?
Es ist sicher ein wenig gewagt, heute eine definitive
Bilanz zu ziehen. Ich glaube dennoch, dass sich die
Verhandlungen in den letzten Monaten der Schlussphase
wesentlich genähert haben. Die Umrisse einer Einigung
werden sichtbar.
Mit dem Vertrag, den die USA mit China vor einigen
Monaten abgeschlossen haben, verfügen wir über
aufschlussreiche Indizien über die mögliche
Ausgestaltung der wichtigsten Änderungen für
den zukünftigen Zugang zum chinesischen Markt.
Ich möchte kurz auf drei Punkte eingehen: auf
die zu erwartenden Verbesserungen beim Marktzugang,
auf die Folgen eines Beitritts auf die chinesische Wirtschaftsgesetzgebung
und generell auf die Folgen einer Integration Chinas
in die Weltwirtschaft.
Zuerst ein paar Worte zur Marktöffnung
Chinas Beitritt zur WTO und damit seine volle Teilnahme
am Welthandelssystem dürfte für die meisten
seiner Handelspartner mehr oder weniger markante Konsequenzen
zur Folge haben.
Im Bereich der Industrieprodukte baut China bereits
seit mehreren Jahren seinen Zollschutz schrittweise
ab. Von 1992 bis 1997 ist er von 42,7% auf 17% gesunken.
Nach dem Beitritt wird er sich bis ins Jahr 2005 auf
einen Durchschnitt unter 9,5% einpendeln.
Für die Schweiz ist es wichtig hervorzustreichen,
dass China einen grossen Teil der WTO-Initiative über
die Harmonisierung der Zölle für Chemieprodukte
übernehmen wird. Wir werden es dann mit Zollsätzen
in der Höhe von 0%, 5,5% und 6,5% zu tun haben.
China wird auch dem WTO-Vertrag über Informationstechnologie
beitreten, der die Zölle auf Computern, Telekommunikations- und Halbleiterprodukten sowie auf andere
Güter der Hochtechnologie eliminiert.
Was die Landwirtschaftsprodukte angeht, werden
die Zölle bis ins Jahr 2004 von durchschnittlich
22% auf unter 18% sinken.
Im Bereich der Dienstleistungen steckt China
zur Zeit mitten in einem Reformprozess. Mit dem bedeutenden
Paradigmenwechsel der chinesischen Wirtschaftspolitik
im Jahr 1978 wurden die wesentlichen Funktionen des
Gross- und Detailhandels sowie der Banken neu definiert.
Diese Neuausrichtung erforderte eine schrittweise Ausarbeitung
zahlreicher Gesetze. Die chinesische Regierung ist sich
heute der Bedeutung dieses Sektors durchaus bewusst.
Sie hat sich zum Ziel gesetzt, diesen Teil der Wirtschaftstätigkeit
bis Ende dieses Jahres auf 35% des Inlandproduktes zu
erhöhen.
Der Beitritt Chinas zur WTO wird der Weltwirtschaft
im Dienstleistungssektor innert 3 bis 5 Jahren
einen riesigen Markt öffnen, der heute noch weitgehend
limitiert ist. Den Schweizer Unternehmen werden namentlich
im Bereich Banken, Versicherungen, Wertpapierhandel,
Telekommunikation und Distribution grosse Möglichkeiten
geöffnet.
Ich möchte diese einzelnen Gebiete ausleuchten.
Im Bankensektor können ausländische
Banken heute mit chinesischen Kunden keine Geschäfte
in Lokalwährung abwickeln. Ausserdem ist der Tätigkeitsbereich
in geografischer Hinsicht sehr eingeschränkt. Mit
dem Beitritt Chinas zur WTO werden ausländische
Banken mit chinesischen Unternehmen innert zwei Jahren
und mit Einzelpersonen innert 5 Jahren solche Geschäfte
tätigen können. Die ausländischen Banken
werden die gleichen Rechte haben wie die chinesischen.
Im Versicherungssektor können ausländische
Firmen heute nur in Shanghai und Guangzhou arbeiten.
Mit dem Beitritt zur WTO wird der Zugang ausländischer
Firmen bedeutend verbessert. Dazu einige Beispiele:
die Abschaffung geografischer Beschränkungen innert
5 Jahren, die Möglichkeit, hohe Risiken auf nationaler
Ebene zu versichern sowie die Versicherungsaktivitäten
auf das Gesundheitswesen und die Pensionen auszuweiten.
Ausserdem werden die zahlenmässigen Beschränkungen
bei der Gewährung von Lizenzen abgeschafft. Bei
den Nichtlebensversicherungen und den Rückversicherungen
wird China nach Ablauf von 2 Jahren ausländische
Beteiligungen von 51% zulassen. Tochtergesellschaften,
die ganz in ausländischen Händen sind, sollen
ebenfalls zugelassen werden. Bei den Lebensversicherungen
werden die ausländischen Investoren 50% des Kapitals
halten können.
Im Bereich der Wertpapiere wird China joint-ventures
für die Verwaltung von Anlagefonds, die Emission
lokaler Wertpapiere und den Handel in ausländischer
Währung ermöglichen.
Auch im Telekommunikationssektor stehen bedeutende
Fortschritte an. China wird erstmals Dienstleistungen
in diesem Bereich zulassen. Es wird Einschränkungen
beim “paging” innert 3 Jahren abschaffen,
bei der Mobiltelefonie innert 5 Jahren und innert 6
Jahren bei Dienstleistungen auf dem Festnetz. Der Haupt-Korridor
für die Telekommunikation, Peking-Shanghai-Guangzhou,
wird ab WTO-Beitritt für alle entsprechenden Dienstleistungen
liberalisiert. Ausländische Investoren werden 49%
des Kapitals von Unternehmen halten können, welche
im Bereich Basisdienstleistungen tätig sind, und
bis zu 50% beim “paging”, und zwar bereits
nach 2, respektive 3 Jahren.
Im Gross- und Detailhandel hat China bereits
einen weiten Weg zurückgelegt: Während 1978
nur 12 Unternehmen eine Bewilligung hatten, im Handel
international tätig zu sein, sind es heute über
12'000 und nach dem Beitritt wird China diese Import-
und Exporteinschränkung innert 3 Jahren abschaffen.
Dasselbe soll auch für den Kundendienst, für
Reparaturen, Unterhalt und Transport gelten.
[Gesetzgebungsbedarf in China]
Sehr geehrte Damen und Herren
Ich möchte zurückkommen auf die anstehenden
Fortschritte, welche insbesondere im Handel mit Gütern
von China zu erwarten sind. Dazu wird es seine Gesetzgebung
in weiten Teilen stark anpassen müssen. Als Unternehmer
und Investoren werden Sie in China nach dessen WTO-Beitritt
mit einer allgemein besseren Transparenz und Vorhersehbarkeit
des Wirtschaftsrechtes und der Wirtschaftspolitik rechnen
können.
Die staatlichen chinesischen Handelsunter-nehmen werden
transparente und nicht-diskriminierende Importverfahren
ausarbeiten müssen.
China wird zum Beispiel die in den WTO-Verträgen
enthaltenen Verpflichtungen hinsichtlich der technischen
Handelshemmnisse, der Inspektion vor dem Versand, des
Zollwerts, der Ursprungsregeln und der mit Investitionen
verbundenen Handelsrestriktionen respektieren müssen.
Was letztere angeht, dürfen dannzumal ausländische
Investoren nicht mehr verpflichtet werden, eine bestimmte
Menge ihrer chinesischen Produktion zu exportieren oder
bei der Produktion eine Minimalmenge chinesischer Zwischenprodukte
zu verwenden. Ausser in Bereichen, für welche die
WTO Ausnahmen vorsieht, wird China ausserdem bei der
Preisbildung den Markt spielen lassen und Systeme mit
Mehrfachpreisen abschaffen müssen,
China wird auch WTO-widrige Subventionen abschaffen
und über die zulässigen transparent informieren
müssen.
In der Landwirtschaft wird China insbesondere
staatshandelstypische Verfahren und Regeln im Bereich
der Distribution ändern müssen. China verpflichtet
sich ausserdem, die Exportsubventionen für Agrargüter
abzuschaffen, die interne Unterstützung zu reduzieren
und das WTO-Abkommen über die Anwendung gesundheitspolizeilicher
und Pflanzenschutzmassnahmen vollumfänglich umzusetzen.
[Importance de l'accession de la Chine dans l'économie
mondiale]
L'accession de la Chine à l'OMC revêt
une importance considérable pour le commerce
et les investissements mondiaux pour trois raisons
principales.
Première raison, elle stimulera l'ouverture
de l'économie chinoise, accélérera
les réformes et améliorera l'accès
au marché chinois pour les entreprises du reste
du monde. La capacité concurrentielle de la Chine,
son potentiel de croissance, d'exportation et d'importation
augmenteront de manière significative.
Deuxième raison, il est primordial d'intégrer
la Chine dans les règles multilatérales
du commerce mondial car la Chine est la sixième
puissance commerciale mondiale avec plus de 360 milliards
de dollars d'échanges en 1999.
Troisième raison, le commerce et les
investissements sont étroitement liés.
En adhérant à l'OMC, la Chine assouplira
les conditions d'investissement, notamment dans le secteur
des services. C'est important car la Chine est le plus
grand pays d'investissements parmi les pays en voie
de développement et le second pays dans le monde
après les Etats-Unis.
La part des échanges dans le produit national
chinois a passé de 10% en 1978 à 30% en
1996. L'adhésion de la Chine à l'OMC est
une nouvelle étape dans le processus d'ouverture
de cette économie à la concurrence étrangère.
Monsieur le Président,
Mesdames, Messieurs,
Les négociations bilatérales d'adhésion
de la Chine à l'OMC sont conclues avec tous les
membres de l'OMC, sauf l'UE et six pays dont la Suisse.
Toutefois, grâce aux progrès enregistrés
tout récemment à Genève, la conclusion
de nos négociations bilatérales est proche.
La Suisse est favorable à une entrée
rapide de la Chine à l'OMC car il est indispensable
que l'un des plus grands acteurs du commerce mondial
fasse partie du système commercial multilatéral.
La Chine a sa place dans le développement futur
de ce système.
C'est par son intégration dans l'économie
mondiale que la Chine accélérera ses réformes
vers une économie de marché plus complète.
Elle contribuera ainsi à
rapprocher son système de valeurs du nôtre,
comprenant la conception communément partagée
des droits de la personne et de la démocratie.
|